2 ans de toi

30/04/2018
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Et l’envie de t’écrire, ma fille, ces mots qui sont si puissants dans mon coeur.

2 ans, c’est si peu et tant à la fois… 2 ans, qui nous ont tant appris, chamboulés et transformés ton papa et moi. Un flashback qu’il me fait du bien de partager aujourd’hui.

 

2 ans de toi
© Noemie Jaunin

30 avril 2016

Il est 15 heures, ou plutôt il n’est que 15 heures. Le soleil brille à travers les fenêtres de la salle d’accouchement. Il nous éblouit presque. J’ai complètement perdu la notion du temps, seule l’horloge qui se trouve en face de moi m’y ramène. Cela fait 10 heures que le travail artificiel a débuté et avance péniblement, très lentement.

On m’avait parlé des contractions, de la perte de la poche des eaux, j’avais hâte de les voir venir ces étapes. Il n’en sera rien, et c’est le cœur un peu lourd que je suis à la maternité depuis hier soir, entrée en clinique comme on entre dans un hôtel, pour déclencher ta venue au monde.

Oligoamnios, c’est le nom barbare que l’on emploie pour signifier l’insuffisance de liquide amniotique. Dans mon cas s’ajoute un placenta calcifié. Pas d’autre choix que de provoquer ton arrivée.

Je regarde les aiguilles de l’horloge tourner, seconde après seconde, au rythme des battements de ton cœur que l’on entend via le moniteur. On attend, avec l’espoir que la suite se passe le plus « normalement » possible.

Il faudra patienter encore 11 heures pour te voir apparaître, lors d’un voyage extraordinaire que je n’oublierai jamais. J’en ai apprécié chaque instant.

2h03. Tu es là. Aucun mot ne peut décrire la force de ce moment.

 
2 ans de toi
 

30 avril 2017

Ta première année est marquée par un tsunami d’émotions. Être heureux, ne pas savoir faire, comment gérer nos vies, t’aimer à la folie, survivre au manque de sommeil, apprécier chaque jour un peu plus ton évolution, s’attacher tendrement à toi, se trouver, se retrouver, allaiter et adorer ça, te porter encore et encore, s’isoler, se sentir complètement largués.

Bien vite, on se rend compte que quelque chose cloche. Des pleurs incessants qui nous brisent le cœur et nous font frôler la folie. Tu souffres en position horizontale. Même une promenade en poussette relève de l’impossible. On est sonné.

C’est là que l’on découvre de nouvelles affres de la société: des légendes liées à la maternité (« dors quand ton bébé dort pour te reposer ! » Ben oui et vu qu’elle ne dort pas je fais comment ?). Ses tabous aussi. En lisant un malaise dans les yeux des gens alors que j’évoque mes doutes, ma tristesse, mon sentiment d’impuissance. La maternité c’est merveilleux et c’est comme ça, point final. On ne touche pas à la sacro-sainte Maternité, voyons ! Et se sentir encore plus incomprise et affligée. Aller jusqu’à s’entendre dire que l’on a un enfant difficile. Comment peut-on parler d’un enfant difficile à 3 mois ? Je garde en mémoire les yeux désemparés des gens te voyant pleurer quand je sors avec toi. Sentiment de honte. Et je m’isole encore plus.

Je reprends le travail, principalement le samedi pour mes cérémonies, paradoxalement remplie d’énergie. Ma bouée de sauvetage. Pourtant, personne d’autre que papa et moi ne s’occupe de toi. On assure à tour de rôle, tu as besoin de nous. On galère mais on gère.

Je n’arrive même pas à évaluer le nombre de thérapeutes qu’on sollicite. Je soulève la piste du RGO (reflux gastro-oesophagien). Il faudra plusieurs mois pour que se révèlent des allergies alimentaires.

2 mois après ta naissance, tu nous offres ton premier sourire. Celui-ci est particulièrement fort en émotions pour nous. Il a le goût de l’espoir. Petite fille hypersensible et toute en contrastes, tu ne cesses de nous surprendre. Autant notre cœur se remplit de tristesse à cause de ton inconfort, autant il est bourré de l’amour inconditionnel que l’on te voue et que tu nous portes en retour. Nous sommes fous de toi.

 

2 ans de toi
© Noemie Jaunin

30 avril 2018

Aujourd’hui, tu as 2 ans. Tu es une enfant en avance pour ton âge, incroyablement souriante et pleine de vie. Quand je te regarde éclater de rire, je sens les larmes m’envahir. On dit que rien n’arrive par hasard. On cherche encore des réponses, bien qu’on en ait déjà trouvé de nombreuses.

Apprécier, plus que jamais. Vivre chaque seconde de bonheur avec toi intensément, en pleine conscience. Un cadeau.

 

2 ans de toi
© Noemie Jaunin

Avoir découvert un monde nouveau, à travers la maternité bienveillante et tout ce que cela nous a apporté. Le portage, une révélation. La proximité, toujours. L’allaitement, bonheur à l’état pur durant 18 mois.

 

2 ans de toi
© Noemie Jaunin

Un changement obligatoire de notre alimentation pour qu’elle soit compatible avec la tienne. De végétarienne, je suis passée à quasi vegan sans gluten, et j’ai eu la confirmation que ce n’est pas si compliqué. Les solutions existent, la créativité et l’ouverture d’esprit surtout. Lire les étiquettes de tous les aliments que l’on achète, un réflexe qui fait désormais partie de notre quotidien. Notre corps, notre cœur et notre âme nous en remercient. Un nouveau mode de vie s’offre à nous, en adéquation avec notre conscience.

Un lâcher-prise qui personnellement m’était nécessaire, sans que je n’ose auparavant me l’avouer. Une vision de tout ce qui m’entoure bien différente, basée sur beaucoup de relativisation.

Et surtout, surtout… La vanne des émotions qui s’est déverrouillée, à la découverte de mes sentiments les plus purs et profonds, pour renaître et réapprendre à vivre, à donner, de manière nouvelle et régénératrice.

Nous savons qu’avec toi, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Tes yeux et ton sourire sont le miroir de ton âme, qui est si belle et reflète tous les possibles.

Comme la nuit où tu es née, aucun mot n’existe pour illustrer ce que l’on ressent à tes côtés. Chaque jour avec toi est un bonheur incommensurable.

On t’aime à la folie Gaïa.

 
2 ans de toi

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4 comments

  1. Magnifique texte

  2. Bonjour,
    Avez-vous déjà entendu parler du syndrome KISS? C’est une question de cervicales mal placées. C’est une piste à étudier pour les enfants qui pleurent beaucoup parce qu’ils sont mal. De ce que j’ai compris, c’est assez facile à vérifier et surtout sans tests lourds et douloureux pour l’enfant.

    1. Bonjour,
      Merci pour votre message. En effet nous en avons entendu parler, la piste s’est cependant orientée vers le RGO puis les allergies alimentaires (oeuf + gluten) pour notre puce.